Décidément, ça ne parle plus que bouquins par ici! Il faut dire que la lecture est la seule activité qui s'accorde avec mon état d'hibernation avancé... Mais chiche que le prochain billet parlera de tricot! On parie?
En attendant, je ne pouvais pas ne pas partager ici ce coup de cœur pour le dernier roman de Maylis de Kerangal. Et pourtant, Maylis et moi, avons eu des débuts difficiles, avec une Naissance d'un pont qui m'avait laissé un souvenir plus que mitigé...
Avec Réparer les vivants elle signe un roman important, sur des thèmes importants (la mort d'un proche, le don d'organes). Un roman brillant dans sa forme, avec pour unité de temps, une seule journée. 24 petites heures où l'on voit la vie basculer, puis s'enchaîner, implacables, les étapes qui suivent le diagnostic de mort clinique: l'annonce à la famille, la proposition du don d'organes, les réactions, la décision, et enfin, le don en lui-même, raconté comme une opération commando, avec beaucoup de réalisme et de suspense. (Quand j'écris ça, je me dis que ça peut paraître très effrayant, mais ce n'est pas le cas, croyez-moi sur parole!)
Bien sûr, c'est un livre qui chamboule. Mais n'est-ce pas le but de la littérature de nous chambouler un peu de temps en temps? Un livre qui chamboule, mais pas un livre dur (même s'il est inévitable de s'identifier, même si j'ai eu à plusieurs reprises les larmes aux yeux...)
Ce n'est pas un livre dur, parce que Maylis de kerangal évite l'écueil principal de jouer avec notre émotion. Mais elle n'est pas non plus dans une approche froide et clinique. Elle est simplement JUSTE et traite ce sujet douloureux avec beaucoup d'humanité.
Voilà.
Difficile de parler de ce roman sans craindre de le trahir... J'aimerais vous avoir donné envie de le lire malgré la thématique qui peut être effrayante, j'en conviens... Mais cela vaut le coup de surmonter ses a prioris: c'est un grand livre. Un livre qui parle de la mort, mais surtout de la vie.

