J'y ai vécu des aventures très exotiques: J'ai péché la morue sur une barque aussi frêle qu'une coquille de noix où l'on risque sa vie à chaque sortie en mer, j'ai traversé des tempêtes de neige où l'on ne voyait pas à 10 mètres, je suis allée au bout du bout du monde, sur la Rive de L'Hiver, accompagner un postier faire sa tournée dans une ambiance de chaos...
Ce fut un voyage initiatique, pas toujours très facile, surtout au début où j'ai cru que je ne m'acclimaterai pas à la rudesse du pays. Et puis je me suis accrochée et j'ai été envoutée par ce monde si lointain et pourtant si proche.
Je me suis attachée à ces personnages: le Gamin qui cherche un sens à sa vie à travers la poésie et la littérature, ces femmes de caractère qui survivent dans un monde où les hommes sont encore plus hostiles que la nature, le postier Jens qui n'écoute que son devoir et brave les éléments quitte à rester collé à son cheval à cause du froid! Et j'ai poursuivi ma route à leur côté.
Et je me suis rendue compte qu'aussi loin de moi qu'étaient ces gens dans l'espace comme dans le temps, leurs interrogations rejoignaient les miennes, leurs questionnements étaient universels. Car au-delà des aventures dans le froid et la neige, ce voyage fut presque une quête métaphysique. C'est que ces gens côtoient la mort de si près que cela rend la vie encore plus précieuse et belle. Que cela rend l'amour encore plus indispensable et fort. Sur mon carnet de voyage, j'aurais noté chaque phrase, tant cela me parlait et résonnait en moi avec une force poétique incroyable.
Et s'il avait été un peu difficile de commencer ce voyage, à la fin, je ne voulais plus rentrer chez moi.


