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lundi 21 juillet 2014

Dernières lectures


Chroniques d'hiver, de Paul Auster
Quand le fantasme l'auteur de mes années fac dresse le bilan de sa vie, cela donne un livre ovni passionnant,  où s'entremêlent les époques dans un récit foisonnant d'anecdotes sur la vie de l'écrivain. Si tu n'aimes pas Auster, passe ton chemin, car la star du livre c'est Lui, son corps, ses cicatrices, les lieux où il a vécu, les femmes de sa vie. Ou non d'ailleurs, reste. Parce que finalement toutes ces/ses histoires sont universelles et te toucheront comme celles d'un héros ordinaire. Et si tu es restée hermétique au style des romans d'Auster, reste aussi, car ce récit écrit à la 2ème personne est beaucoup plus accessible et se lit très bien. C'est beau, c'est triste, c'est drôle, c'est angoissant... Bref, tu l'auras compris, j'ai adoré!



Le roman du mariage, de Jeffrey Eugénides
Dans les années 80, trois étudiants fraîchement diplômés entrent dans leur vie d'adulte. Vie professionnelle, et vie amoureuse, bien sûr, avec ce triangle amoureux très classique: le sage et sérieux Mitchell  aime la jolie et très chic Madeleine, qui elle-même se consume pour le brillant et très original Léonard. Sauf que Léonard est bipolaire... C'est un roman sur ce moment entre la fin de l'adolescence et le début de la vie d'adulte, un roman sur les choix, les chemins que l'on choisit d'emprunter, les premières désillusions... Mais aussi un roman qui parle en filigrane de notre déterminisme social et de la difficulté à s'affranchir de notre passé et de notre famille.




Dix rêves de pierre, de Blandine Le Callet
Dix histoires imaginées, comme des rêves sortis des pierres tombales  où Blandine Le Callet a lu les épitaphes qui lui ont inspiré ces fictions. Dix hypothèses que l'auteur nous propose sur les dernières heures de ces gisants qui ont bien existé, et qui viennent de toutes les époques, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. Dix nouvelles, tantôt tragiques, tantôt caustiques, mais qui semblent toujours si réalistes, quand arrive l'épitaphe qu'elles illustrent.





La mort s'invite à Pemberley, de P.D. James
On avait quitté, non sans regret, Mr. & Mrs. Darcy tout juste mariés sous la plume de Jane Austen, et on les retrouve, quelques années plus tard, sous celle de P.D. James, auteur contemporaine de polars. Rassurez-vous, on n'est pas dans un remake british du Cendrillon de Téléphone, où Elizabeth et son  cher & tendre se lanceraient des assiettes à la figure, lassés par l'usure du quotidien. Non, non. Les deux tourtereaux du célèbre roman victorien sont toujours aussi amoureux malgré les années, les naissances rapprochées et le poids des responsabilités d'un immense domaine à gérer... Mais ils vont devoir surmonter la terrible épreuve d'un meurtre commis à Pemberley et dont le principal suspect est un membre de leur famille... C'est agréable à lire et on retrouve avec plaisir les personnages du roman d'Austen. L'intrigue est plutôt bien ficelée (mais je ne suis pas spécialiste de polars). P.D. James réussit à écrire une suite à Orgueil et préjugés tout à fait plausible, tout en rendant un bel hommage à Jane Austen.

vendredi 28 mars 2014

Mon voyage en Islande

Je ne vous l'avais pas dit, mais pendant deux mois, j'étais en Islande...
J'y ai vécu des aventures très exotiques: J'ai péché la morue sur une barque aussi frêle qu'une coquille de noix où l'on risque sa vie à chaque sortie en mer, j'ai traversé des tempêtes de neige où l'on ne voyait pas à 10 mètres, je suis allée au bout du bout du monde, sur la Rive de L'Hiver, accompagner un postier faire sa tournée dans une ambiance de chaos...
Ce fut un voyage initiatique, pas toujours très facile, surtout au début où j'ai cru que je ne m'acclimaterai pas à la rudesse du pays. Et puis je me suis accrochée et j'ai été envoutée par ce monde si lointain et pourtant si proche.

 
 
 
Je me suis attachée à ces personnages: le Gamin qui cherche un sens à sa vie à travers la poésie et la littérature, ces femmes de caractère qui survivent dans un monde où les hommes sont encore plus hostiles que la nature, le postier Jens qui n'écoute que son devoir et brave les éléments quitte à rester collé à son cheval à cause du froid! Et j'ai poursuivi ma route à leur côté.
 
 
 
 
Et je me suis rendue compte qu'aussi loin de moi qu'étaient ces gens dans l'espace comme dans le temps, leurs interrogations rejoignaient les miennes, leurs questionnements étaient universels. Car au-delà des aventures dans le froid et la neige, ce voyage fut presque une quête métaphysique. C'est que ces gens côtoient la mort de si près que cela rend la vie encore plus précieuse et belle. Que cela rend  l'amour encore plus indispensable et fort. Sur mon carnet de voyage, j'aurais noté chaque phrase, tant cela me parlait et résonnait en moi avec une force poétique incroyable.
 
 
 
Et s'il avait été un peu difficile de commencer ce voyage, à la fin, je ne voulais plus rentrer chez moi.

 



dimanche 16 février 2014

Réparer les vivants

 
 
Décidément, ça ne parle plus que bouquins par ici! Il faut dire que la lecture est la seule activité qui s'accorde avec mon état d'hibernation avancé... Mais chiche que le prochain billet parlera de tricot! On parie?
En attendant, je ne pouvais pas ne pas partager ici ce coup de cœur pour le dernier roman de Maylis de Kerangal. Et pourtant, Maylis et moi,  avons eu des débuts difficiles, avec une Naissance d'un pont qui m'avait laissé un souvenir plus que mitigé...
Avec Réparer les vivants elle signe un roman important, sur des thèmes importants (la mort d'un proche, le don d'organes). Un roman brillant dans sa forme, avec pour unité de temps, une seule journée. 24 petites heures où l'on voit la vie basculer, puis s'enchaîner, implacables, les étapes qui suivent le diagnostic de mort clinique: l'annonce à la famille, la proposition du don d'organes, les réactions, la décision, et enfin, le don en lui-même, raconté comme une opération commando, avec beaucoup de réalisme et de suspense. (Quand j'écris ça, je me dis que ça peut paraître très effrayant, mais ce n'est pas le cas, croyez-moi sur parole!)
Bien sûr, c'est un livre qui chamboule. Mais n'est-ce pas le but de la littérature de nous chambouler un peu de temps en temps? Un livre qui chamboule, mais pas un livre dur (même s'il est inévitable de s'identifier, même si j'ai eu à plusieurs reprises les larmes aux yeux...)
Ce n'est pas un livre dur, parce que Maylis de kerangal évite l'écueil principal de jouer avec notre émotion. Mais elle n'est pas non plus dans une approche froide et clinique. Elle est simplement JUSTE et traite ce sujet douloureux avec beaucoup d'humanité.
Voilà.
 Difficile de parler de ce roman sans craindre de le trahir... J'aimerais vous avoir donné envie de le lire malgré la thématique qui peut être effrayante, j'en conviens... Mais cela vaut le coup de surmonter ses a prioris: c'est un grand livre. Un livre qui parle de la mort, mais surtout de la vie.

dimanche 9 février 2014

Le confident

 

Quatrième de couverture: Camille vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un étrange courrier, non signé. Elle croit d'abord à une erreur, mais les lettres continuent d'arriver, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend qu'elle n'est pas étrangère au terrible secret que cette correspondance renferme...

Sur le papier, ce roman avait tout pour me plaire: une histoire de secret de famille, un contexte historique avec en toile de fond la seconde guerre mondiale (je ne sais pas pourquoi, mais cette sombre période a toujours eu sur moi un effet fascinant...) et une forme proche du roman épistolaire, même si ici il n'y a pas à proprement parler d'échange de lettres. Sans compter les dizaines d'avis enthousiastes que j'avais lus et qui m'avaient bien mise en appétit. Sauf que la rencontre n'a pas eu lieu...
Un livre pas désagréable et qui se lit bien, mais qui n'est pas à la hauteur des attentes que j'avais nourries... Parfois cela arrive lorsqu'on a lu trop de louanges. Est-ce que je deviendrais difficile?

dimanche 26 janvier 2014

Au revoir là-haut!

 

 
Ce roman commence quelques jours avant l'armistice de 1918, lors des derniers assauts contre l'ennemi. Edouard sauve la vie d'Albert. Que dis-je! Il le ressuscite d'entre les morts... Cette acte de bravoure va lui coûter le bas de son visage, mais  lui offrir un ami fidèle et loyal.
S'en suivent les dures années d'après guerre, où nos deux amis tentent de survivre. Edouard a préféré faire croire à sa famille qu'il était mort au combat, tant il lui est difficile de se présenter à eux avec cette gueule-cassée qui le fait se terrer comme un paria. Quant à Albert, le retour à la vie civile n'a pas eu le parfum espéré: remplacé par sa fiancée, remplacé dans son travail, il multiplie les petits boulots pour faire manger le couple étrange qu'il forme avec Edouard et acheter la morphine à laquelle ce dernier est devenu accro. Des années de galère, que nos deux compères traversent, soudés par une indéfectible amitié, jusqu'au jour où Edouard monte une arnaque aussi énorme qu'amorale, mais qui leur assurera peut-être des jours plus fastes...
Un roman qui se dévore malgré ses 567 pages. Pierre Lemaître, également auteur de polars, nous offre une intrigue haletante. L'écriture est vive, fluide. Les personnages ont quelque chose de très cinématographique, incarnés (je verrai bien une adaptation au cinéma d'ailleurs).  Mais c'est aussi un tableau très cruel et réaliste de la France d'après 14/18, où l'on se souciait davantage de commémorer les morts que de s'occuper des rescapés;  où le monde politique était gangréné par une élite vivant en cercle fermé, entre magouilles et protections mutuelles...  Une œuvre jubilatoire  qui m'a rappelé les grands romans populaires du 19ème siècle.

lundi 6 janvier 2014

Lectures de décembre

Décembre a été un mois faste côté lectures et j'ai fini cette année littéraire 2013 en beauté.


 
Le restaurant de l'amour retrouvé, de Ogawa Ito
La jeune Rinco vient de vivre une rupture si douloureuse qu'elle en a perdu la voix. Elle se voit contrainte de retourner dans son village natal, où elle n'avait plus remis les pieds depuis 10 ans ,car en froid avec sa mère. Elle retrouve celle-ci, toujours aussi fantasque vivant désormais avec une truie qui est devenue sa fille de substitution et dont elle va devoir s'occuper en échange d'une chambre. Cuisinière et passionnée par ce métier qu'elle élève au rang d'art, elle ouvre un petit restaurant au concept original: cuisiner un repas par jour pour un client unique. Après un entretien préparatoire avec ses clients, elle interprète leurs souhaits en composant des menus  aussi originaux que poétiques. Si elle régale les papilles de ses hôtes, la cuisine de Rinco est surtout magique car elle  produit des petits miracles qui commencent à lui valoir une certaine renommée dans la région...
Un joli petit livre, une ode à la cuisine comme vecteur d'amour et de partage. A savourer.


 
Esprit d'hiver, de Laura Kasischke

Réveillée tard en ce matin de Noël, rien ne semble aller comme il faut pour Holly. La préparation du repas de Noël n'avance pas, une tempête de neige s'abat sur la région, les routes sont bloquées, les invités décommandent, son mari et ses beaux-parents atterrissent à l'hôpital pour une raison obscure... Holly et sa fille Tatiana se retrouvent alors en huis-clos dans une maison cernée par la neige. L'ambiance se dégrade entre Holly et la jeune fille de 15 ans, de plus en plus hostile à sa mère. Holly  se tourmente, cherche ce qui a pu se passer pour que leurs relations s'enveniment à ce point, se remémore l'adoption en Russie et cette chose impalpable et qui les aurait suivi depuis lors jusqu'à chez eux...
Un roman psychologique que j'ai trouvé très réussi. Laura Kasischke est très douée pour instaurer cette atmosphère étrange qu'elle fait monter graduellement comme une mayonnaise, jusqu'à l'épilogue, glaçant...
 
 
 
 
La lettre à Helga, Bergsveinn Birgisson
A l'hiver de sa vie Bjarni, paysan islandais éleveur de brebis, écrit une longue lettre à Helga, l'amour de sa vie. Il se remémore leur histoire aussi brève qu'intense et les raisons de son renoncement à cet amour, alors qu'il était marié à Unnur, femme  infertile et dépressive. Il évoque sans détours la passion charnelle qui l'unit à Helga. Une passion qui puisait ses racines dans la nature sauvage et puissante de la terre d'Islande.
Un roman assez mélancolique mais que j'ai lu d'une traite. Bjarni, le berger insolite, passionné par la poésie et par la nature de son île, est un personnage complexe mais attachant. L'écriture est très évocatrice de la rudesse et de la beauté des paysages islandais: on voit les terres noires et les roches, on sent les embruns de la mer, les odeurs des bêtes... Un beau roman où se côtoient pour le meilleur naturalisme et poésie.
 
 
 
 
Chroniques de la vigne, conversations avec mon grand-père, Fred Bernard
Fred Bernard rend un merveilleux hommage à son grand-père, bourguignon et passionné de vin (pléonasme?) A travers les mille et unes anecdotes racontées par cet aïeul haut en couleurs, on se délecte de cette ode au (bon) vin et à une région magnifique. Une région à laquelle Fred Bernard rend admirablement justice à travers ses aquarelles. En refermant ce livre, je n'avais qu'une envie: redécouvrir la Bourgogne, marcher dans la campagne par un beau soleil d'hiver, être éblouie par les feuilles d'or des vignes en automne... et bien sûr, ouvrir une bonne bouteille!
 
 
 
 




L'île des oubliés, Victoria Hislop
La déception de ce mois... Mais il faut dire qu'au milieu de cet excellent cru ce livre est un peu insipide. Une jeune étudiante américaine (anglaise? je ne sais plus...) se penche sur le passé de sa mère, crétoise d'origine, ce qui va la conduire à découvrir l'histoire effroyable de la petite île de Spinalonga, qui a longtemps été un ghetto pour lépreux, et ainsi un terrible secret familial... L'écriture est assez plate, et je me suis passablement ennuyée durant tout le premier tiers du roman, tant et si bien que je m'en suis arrêtée là, ce qui est assez rare...
 
Voilà pour les lectures de décembre! Et si j'ai bien terminé l'année, je commence 2014 en beauté avec l'excellent Au revoir là haut!, que je n'ai pas encore terminé, mais dont je vous donnerai très prochainement des nouvelles.
Et vous? De bonnes lectures ces temps-ci?
 

 



vendredi 22 novembre 2013

La pluie, un samedi...

Après Une fille qui danse, je poursuis ma (re)découverte de la littérature contemporaine anglo-saxonne. Des auteurs que j'ai découverts et beaucoup lus pendant mes années d'étudiante (Julian Barnes, déjà, David Lodge...) puis injustement délaissés. Une redécouverte enthousiasmante, qui me donne envie de ne pas m'arrêter là...





A la mort de sa tante Rosamond, Gill se voit chargée de remettre à une certaine Imogen un paquet contenant les confessions que la défunte a enregistrées, accompagnées de 20 photos. 20 photos retraçant l'existence de Rosamond et que cette dernière a commentées dans ce long monologue  sur cassettes.
Ce récit s'étalant sur 40 ans, nous dévoile les destins entremêlés de plusieurs femmes de cette famille, dont fait bien sûr partie la mystérieuse Imogen. Un roman  qui nous parle du lien invisible qui relie les femmes d'une même famille sur plusieurs générations, de la difficulté d'être une bonne mère lorsqu'on a été soi-même mal-aimée, des signes qui ne sont pas que des coïncidences...

 
*****

 
 
Avec pour unité de temps la seule journée de samedi, Ian McEwan nous offre un roman magistralement  construit et foisonnant de thématiques. Un roman écrit comme un long monologue, celui d'Henry Perowne, brillant neuro-chirurgien  vivant à Londres, mari toujours amoureux, père comblé, qui s'apprête à vivre un samedi ordinaire, fait de menus plaisirs et de retrouvailles familiales. Sauf que ce samedi là n'est pas un samedi comme les autres. C'est le jour où des milliers de Londoniens ont décidé de manifester contre la guerre en Irak. Un événement qui, de manière indirecte, va chambouler les projets de notre héros, faisant prendre un tout autre tour à cette journée... Un roman brillant, dont j'ai terminé la lecture très impressionnée. Ian McEwan a un grand talent de conteur et il nous offre une réflexion sur le sens de la vie, le destin, la famille, la fragilité de notre monde moderne, la vieillesse... et le pouvoir de la poésie.
 Le tout agrémenté d'un art du suspens digne d'un film d'Hitchcock.
Génial!

lundi 14 octobre 2013

Une fille, qui danse



J'ai un sacré retard dans les billets concernant mes lectures. J'espère que les vacances toutes proches me permettront de me mettre à jour, d'autant plus que j'ai de gros coups de cœur à vous faire partager.
Une fille, qui danse fait partie de ces bonnes surprises.

Julian Barnes nous offre une réflexion sur le temps qui passe, les souvenirs que nous nous fabriquons, la fiabilité de notre mémoire. Le roman se construit autour du personnage de Tony, sexagénaire, retraité et divorcé, qui mène une vie terne loin des rêves de sa jeunesse.

La première partie de cette histoire se déroule à travers le prisme des souvenirs de Tony. Il se souvient de sa vie étudiante à Bristol, dans les années 60; de ses trois copains inséparables, "affamés de livres et de sexe", de ses aspirations et de ses rêves. Il se souvient de Veronica, sa petite amie, très belle mais insondable, qui le quittera pour Adrian, le plus brillant du groupe. Il se souvient enfin du suicide d'Adrian, resté inexpliqué depuis...

Dans la seconde partie du roman, Tony apprend que la mère de Veronica lui lègue dans son testament le journal intime d'Adrian. Cet irruption inattendu du passé fait ressurgir bien des questions, à commencer par savoir pourquoi la défunte possédait le journal intime du petit ami de sa fille... Récupérer ce document va alors devenir une obsession pour Tony, car il est aux mains de Veronica et qu'elle  refuse de lui céder. Cependant, ces retrouvailles avec le passé ébranlent la "légende" que Tony avait construite...

samedi 14 septembre 2013

Persécution

Voici un livre qui ne me faisait pas particulièrement envie. Ma mère me l'avait prêté et je l'avais emporté un peu par politesse... A peine ouvert, j'ai littéralement plongé dans l'histoire.  Parfois, il faut faire confiance il faut toujours faire confiance à sa mère :-)

Léo Pontecorvo est un cancérologue pédiatrique très respecté. Heureux en ménage, comblé par ses succès professionnels, sa vie est un long fleuve tranquille. Jusqu'au jour où la petite amie de son fils, âgée de 12 ans, l'accuse d'avoir tenté de la séduire. Tout s'effondre alors pour notre homme, qui malgré son innocence, se retrouve incapable de se défendre. Il se cloître alors dans le sous-sol de sa villa et se remémore les événements des derniers mois qui ont conduit à cette situation cauchemardesque.

J'ai été impressionnée par les talents de conteur de l'auteur, qui nous entraîne dans cette histoire dont on tourne les pages sans pouvoir s'arrêter. L'écriture est brillante et les portraits des personnages qui gravitent autour de Pontecorvo sont très réussis.
Un auteur que je relirai avec plaisir.

mercredi 14 août 2013

Tigre, tigre!

 
 
 
Ce livre n'est pas un roman (même s'il se lit comme tel), mais un témoignage. L'auteur nous raconte son expérience de petite fille, puis d'adolescente, abusée pendant 15 ans par un pédophile.
 Margaux Fragoso a 7 ans lorsqu'elle rencontre Peter, âgé lui de 50 ans. L'homme sympathise avec la mère et la fille et les invite chez lui. La petite fille découvre une maison remplie d'animaux exotiques et de jeux et elle prend l'habitude avec sa mère d'y aller tous les après-midis. Cette maison représente une sorte de refuge pour cette enfant qui vit au milieu d'une famille instable, et Peter devient pour elle un père de substitution qui lui apporte l'affection et l'attention qu'elle ne reçoit pas chez elle.
Mais très vite, ce dernier donne une orientation malsaine à cette relation en demandant à la petite Margaux "des preuves d'amour", d'abord sous forme de baisers, puis de caresses sexuelles. Il la persuade que leur amour est pur et unique. Pour qu'elle se taise, il lui dit que les autres adultes sont des êtres pervers qui verraient le mal là où il n'y a qu'un amour exceptionnel et qu'ils seraient séparés. C'est là que ce livre est troublant. Car si la jeune Margaux souffre de cette relation qui va peu à peu la détruire psychologiquement, elle recherche la compagnie de son bourreau, qu'elle aime et protège.
Malgré les très bonnes critiques, j'appréhendais de lire ce livre. Et c'est vrai que c'est le genre de livre auquel on pense encore longtemps après l'avoir refermé. Mais je ne regrette pas de l'avoir lu. Margaux Fragoso analyse avec beaucoup de finesse et de maturité ce qui lui est arrivé pendant toutes ces années. Son écriture nous emporte dans cette histoire et nous permet de cerner la psychologie de tous les protagonistes. Et l'on est effaré de voir à quel point, l'aveuglement des uns, la folie des autres, n'ont pu empêcher cela...