Côté enfants, la Chipie hésitait beaucoup entre Planes et Turbo, n'arrivant pas à arrêter son choix entre les deux grosses productions US de l'automne. J'ai donc tranché en l'emmenant voir... Ma maman est en Amérique et elle a rencontré Buffalo Bill, production à l'univers très différent des géants Dreamworks & Disney (même si je ne boude pas mon plaisir devant un Shreck ou un Toy Story, mais c'est bien parfois de changer de crèmerie...). Je n'ai pas tout de suite soulevé un enthousiasme débordant, mais après avoir visionné la bande annonce, elle s'est laissé convaincre.
Dans les années 70, le petit Jean se demande ou est passée sa maman. Il traîne son désarroi et n'ose poser la question aux adultes qui ont l'air eux-mêmes bien tristes... Sa jeune voisine se met à lui lire de mystérieuses cartes postales venant des quatre coins du monde et qui seraient écrites par sa maman. Jean se met à rêver mais le malaise subsiste et les questions se bousculent dans sa tête...
Un merveilleux film d'animation traitant avec beaucoup de délicatesse de sujets difficiles: la mort, la difficulté de faire son deuil, le déni, le silence des adultes presque aussi angoissant que la dure réalité... Le graphisme est très chouette, la BO (interprétée par Marc Lavoine) colle parfaitement au film et les nombreuses références aux années soixante-dix sont autant de madeleines qui nous plongent avec nostalgie dans nos souvenirs d'enfance. La Chipie n'a pas regretté de s'être laissée convaincre (le Gremlins quant à lui est quand même allé voir Planes avec son papa, car encore un peu jeune, à mon avis.)
Dans un tout autre registre, je suis allée voir La vie d'Adèle. J'avais été un peu lassée par toutes ces polémiques dont on nous assomme depuis des mois et je saturais déjà avant que le film ne sorte. Et puis, et puis... j'ai entendu l'enthousiasme de certaines dont les avis (éclairés) sont toujours sources de belles découvertes, et l'envie de le voir est revenue. Bien m'en a pris, j'ai assisté à un vrai moment de cinéma comme on en voit peu. Difficile de parler d'une œuvre aussi riche sans aligner les platitudes. Je peux juste dire que ce film m'a trotté dans la tête longtemps après être sortie de la salle, que j'ai été subjuguée par la jeune Adèle Exarchopoulos qui incarne son personnage avec talent. En sortant du film je me rappelais les accusations portées contre Kechiche et je me demandais si on pouvait être ce metteur en scène tyrannique et filmer aussi bien la lumière, les corps et les émotions, rendre ses actrices si belles, si vibrantes. Sans doute la magie (noire) du cinéma...


J'ai emprunté le livre dont est tiré le film d'animation à la médiathèque l'an passé, il m'a tellement retournée que je ne sais si j'aurai le courage d'aller le voir...
RépondreSupprimerJe n'ai pas lu le livre (c'est dans mes projets), mais je pense que l'adaptation est moins "traumatisante". Il y a un ou deux moments émouvants, mais aussi beaucoup de moments plus joyeux, et la fin est optimiste.
Supprimer